4 septembre 2026 · Tlhogi Mokoena
Grosgurin en poste à Madagascar : sa mission encadrée par un accord bilatéral dès le dépar
Grosgurin a présenté ses lettres de créance à Antananarivo, avec une feuille de route franco-malgache déjà fixée.
Jean-Marc Grosgurin a remis lundi ses copies figurées de lettres de créance à Alice N'Diaye, ministre malgache des Affaires étrangères, prenant ainsi officiellement ses fonctions de représentant de la France à Antananarivo. La cérémonie marque le début d'une mission placée d'emblée sous le signe d'un agenda précis.
Les premiers entretiens ont porté sur l'application concrète d'une feuille de route adoptée en février 2026 par les chefs d'État réunis à Paris. Ce document-cadre prévoit de privilégier des projets de long terme à impact direct sur les populations, avec une priorité accordée aux infrastructures. Le ministère malgache des Affaires étrangères a confirmé que les discussions initiales ont précisément porté sur ce suivi des engagements.
Grosgurin succède à Arnaud Guillois à la tête de l'ambassade de France.
Son parcours dit beaucoup sur le profil que Paris recherche pour cette mission. De 2014 à 2016, il a exercé ses responsabilités au Yémen durant la prise de contrôle de Sanaa par les Houthis et l'aggravation du conflit. Il a ensuite représenté la France en Guinée de 2016 à 2020, période marquée par les tensions liées au projet constitutionnel d'Alpha Condé visant un troisième mandat présidentiel. Des terrains d'instabilité chronique, exigeants par définition.
De 2020 à 2023, il a exercé ses fonctions en Centrafrique, alors que les relations franco-centrafricaines se détérioraient et que le groupe Wagner consolidait sa présence dans le pays. Trois postes successifs dans des contextes de crise : le profil de Grosgurin est celui d'un diplomate rodé aux environnements sous tension.
Par contraste, Madagascar occupe une place à part dans la géopolitique de l'océan Indien. La Grande Île développe ses partenariats extérieurs, dont une coopération renforcée avec Moscou sur les questions militaires. Paris, de son côté, maintient des territoires, une présence diplomatique et un dispositif militaire dans la région.
La mise en oeuvre de la feuille de route bilatérale constitue le premier dossier concret de la mission de Grosgurin. Les deux gouvernements doivent rendre compte de l'application de leurs engagements dans les mois à venir, ce qui soulève une question ouverte : dans quelle mesure l'expérience des terrains de crise forgée par le nouvel ambassadeur orientera-t-elle la manière dont Paris aborde ses priorités à Antananarivo ?