Africa Press Today

Today’s reporting, filed and dated

13 septembre 2026

SCBS sous curatelle : le débenture de 67 millions avec la SDFF soulève des doutes

Des dépôts de retraite et d'épargne ordinaire auraient transité vers des entités liées à Van Niekerk.

Le 1er juillet 2020, la Status Capital Building Society (SCBS) d'Eswatini a engagé E67,3 millions dans un accord de débenture avec la Swaziland Debt Factoring Firm (SDFF). Ce mouvement précis, daté et chiffré, est au coeur d'une affaire qui a conduit la Financial Services Regulatory Authority (FSRA) à placer la SCBS sous curatelle réglementaire. Des affidavits de lanceurs d'alerte déposés devant la Haute Cour affirment que cet accord aurait servi de canal vers un réseau lié à l'homme d'affaires Dave Van Niekerk. Les montants en cause ne laissent place à aucune approximation. La SCBS avait mobilisé E174 millions de capitaux auprès de déposants et d'investisseurs, dont des fonds de pension et des épargnants ordinaires. Les arriérés issus de l'accord de débenture ont ensuite atteint E82 millions, avant une restructuration qui les a portés à environ E85 millions. Les affidavits de lanceurs d'alerte allèguent que les fonds ont été acheminés depuis la SDFF vers la Status Asset Management (SAM), une entité décrite comme liée à Van Niekerk. Face à cette situation, la FSRA a suspendu le conseil d'administration de la SCBS et imposé la curatelle, mesure exceptionnelle réservée aux cas où les intérêts des déposants exigent une protection immédiate. Des remboursements partiels ont été signalés: E10 millions dans un premier temps, puis E7,5 millions. La Haute Cour d'Eswatini a rendu un jugement par défaut de SZL 335,24 millions, et les actions permanentes détenues par Van Niekerk dans la SCBS, évaluées à E2 millions, ont été saisies. Par contraste, les questions de gouvernance demeurent sans réponse. Aucun document public ne précise qui a autorisé l'engagement initial de E67,3 millions envers la SDFF, quelles évaluations des risques ont été présentées au moment de la décision, ni si les liens entre la SDFF et la SAM ont été divulgués au conseil, aux investisseurs ou à la FSRA elle-même. Les pièces essentielles restent inaccessibles. L'ordre de curatelle complet, le rapport final du curateur, le texte intégral du jugement par défaut rendu en juin 2024 et les registres de saisie du shérif ne sont pas disponibles pour consultation publique (une lacune qui complique tout exercice de contrôle indépendant). La question qui oriente désormais le dossier est simple: les conclusions du curateur sur les flux de fonds et l'état des recouvrements seront-elles suffisamment détaillées pour établir, sans ambiguïté, si les déposants ordinaires peuvent espérer récupérer une part significative de leurs avoirs?